Comment éviter de traumatiser ses enfants (dans le sens du système nerveux) ?
Tu es parent et sensible à l’impact de l’enfance sur la vie adulte, la manière de relationner à l’âge adulte.
Ou tu voudrais éviter de traumatiser ton enfant et lui donner le plus possible un attachement sécure mais tu ne sais pas comment faire ?
Ou alors tu penses qu’avoir une éducation bienveillante et respectueuse des besoins et du rythme de l’enfant est une vie de sacrifice pour les parents et tu voudrais trouver le bon équilibre
Cet épisode à pour but de t’expliquer ce qui traumatise vraiment un enfant. À cet effet je me base sur le livre de Peter Levine qui s’appelle trauma-proofing your kids.
Et je te donnerai aussi mes conseils de maman imparfaite qui trouve aussi que le juste équilibre n’est pas facile avec les contraintes de notre société actuelle et en tant que thérapeute qui reçoit beaucoup d’adultes avec des blessures d’enfant.
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Ce qui traumatise vraiment un enfant
Comme le dit Peter Levine, le créateur de la méthode Somatic Experiencing, le trauma au sens du système nerveux fait partie de la vie. C’est inévitable.
Comment se crée t’on un trauma?
C’est simplement quand un enfant a un stress émotionnel qu’il n’a pas pu réguler soit par lui-même soit avec l’aide d’un adulte (co-régulation). On distingue les chocs (les guerres, les maladies, les violences, les interventions médicales, une naissance difficile, les pertes de proche ou tout événement soudain/non contrôlable) des traumatismes développementaux (qui se créent en relations, principalement avec toi en tant que parents) et le stress chronique.
Ce qui veut dire que ce n’est pas un événement qui crée le trauma mais la non-régulation de celui-ci qui fait que cela laisse une empreinte et dérégule le système nerveux.
Ce que cette définition veut aussi dire c’est qu’un enfant peut vivre un événement émotionnellement difficile, s’ il s’est senti soutenu et entendu il n’y a pas forcément de trauma. C’est juste une épreuve de vie difficile. Et notre système nerveux est capable de vivre ces stress là.
Quels sont les signes physiologiques d’un potentiel trauma?
Globalement à chaque fois que ton enfant sur-réagit ou reste stoïque face à un stress émotionnel. Physiologiquement tu peux remarquer que ton enfant a les yeux vitreux, la peau pâle, son pouls et sa respiration rapide ou superficielle, il peut être « désorienté », semblé trop émotif ou trop tranquille, c’est-à-dire qu’il fait comme si rien ne s’était passé.
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Que faire si ton enfant est en sur-réaction pour éviter qu'il se crée un trauma?
Simplement en l’aidant à réguler son système nerveux quand cela arrive. Comment?
Voici les 8 étapes que Peter Levine et Maggie Kline donnent dans leur livre « Trauma-proofing your kids », à faire dans cet ordre:
- Vérifie d’abord l’état de ton système nerveux. Si tu es paniqué(e)/stressé(e) tu ne vas pas pouvoir aider l’enfant à se réguler. Respire et calme-toi avant d’intervenir.
- Évalue la situation. S’il présente les signes physiologiques mentionnés ci-dessus, rappelle-lui qu’il est en sécurité et invite-le à rester tranquille jusqu’à ce que le choc s’estompe. S’il est blessé, fais lui les premiers secours.
- Au fur et à mesure que le choc s’estompe, guide l’attention de ton enfant sur ses sensations. Physiologiquement tu remarques que le choc s’estompe quand l’enfant paraît plus dans son corps/le moment présent par exemple tu peux observer la couleur qui revient sur sa peau, un ralentissement et/ou un approfondissement de sa respiration, des larmes, une expression qui revient dans ses yeux (qui peuvent avoir semblé vides auparavant). À ce moment-là demande lui comment il se sent dans son corps? Comment il se sent dans son estomac/ses poumons (nommer les parties de son corps/organes)? Et si il ressent une sensation différente demande lui de comment cette sensation se ressent maintenant?
- Ralentis et suis le rythme de ton enfant. Ce processus de régulation peut prendre du temps. Espace tes questions d’une à deux minutes pour que l’enfant puisse être dans son corps, dans ses sensations désagréables. Suis le rythme de l’enfant et les signes physiologiques qui montrent que la régulation arrive (bâillement, soupir, tremblement du corps, il cherche ton regard, sourit à nouveau, reprend contact avec son environnement..)
- Continue à valider les réactions physiques de ton enfant. Résiste à l’envie de stopper ton enfant dans ses réactions (pleurs, cris, tremblement…) tout en le rassurant que l’événement est fini et qu’il est en sécurité. C’est la partie la plus dure pour moi car je vois mon enfant souffrir et je dois rien faire. Reste à côté pose une main si il le souhaite et fais confiance en son processus.
- Fais confiance à la capacité de ton enfant à guérir. Une fois le système nerveux est activé, la meilleure chose à faire pour un parent est de laisser le processus se finir sans l’interrompre tout en restant avec l’enfant. Interrompre le processus peut se faire de plusieurs manières: distraire l’enfant de ses sensations/attention, tenir l’enfant, stopper ses réactions physiologiques ou émotionnelles ( par exemple l’empêcher de trembler ou lui dire d’arrêter de pleurer), essayer de le raisonner (ce n’est pas grave). Plus ta voix sera calme et plus tu accepteras ce qui est, plus tu l’aideras dans sa régulation.
- Encourage ton enfant à se reposer même s’il n’en a pas envie. La régulation continue généralement pendant le repos ou le sommeil. Invite-le à se reposer (sauf si choc à la tête, il faut le tenir éveillé et aller consulter) après l’événement en créant un environnement calme autour de lui.
- La dernière étape consiste à s’occuper des réactions émotionnelles de ton enfant et à l’aider à donner un sens à ce qui s’est passé. Cette partie arrive bien plus tard, c’est la partie où aide l’enfant à comprendre ce qui s’est passé (choc) et à mettre des mots sur ses émotions. Tu peux lui demander ce qui s’est passé, lui dire que c’est ok de ressentir des émotions inconfortables.
Les erreurs fréquentes qui n’aident pas l’enfant sont typiquement:
- Demander à l’enfant de ne pas réagir émotionnellement ( “Arrête de pleurer!”)
- Minimiser ce qu ‘il ressent ( “Tu es hypersensible”, “Tu pleures pour un rien”)
- Distraire l’enfant de ce qu’il ressent
- Raisonner l’enfant (“Ce n’est pas si grave”)
- Prendre peur des réactions physiologiques (crie, tremble)
- Partir si l’enfant le demande. Ici ce n’est pas toujours facile de comprendre le bon dosage.
Ce qui peut affecter son attachement
La théorie de l’attachement explique que les premières expériences d’attachement, de relations que tu as vécues, principalement avec les personnes qui se sont occupées de toi, va façonner la manière dont tu vas interagir avec les autres dans tes relations et que ça va aussi également avoir un impact sur ta confiance en toi, l’estime de toi et qu’est ce que tu te sens en droit, finalement, d’être, de faire ou de ne pas faire en relation.
L’attachement sécure se crée quand l’enfant a vécu, ou plutôt perçu (car il s’agit de la perception de l’enfant, qui ne reflète donc pas forcément à 100 % la réalité), un lien chaleureux et aimant entre lui et ses parents. Cet attachement se forme quand l’enfant s’est globalement senti aimé, pris en charge, et qu’il a pu développer des liens et des relations saines avec son entourage. Il se développe également quand l’enfant s’est senti capable de dire non, de ne pas être d’accord ou d’avoir des émotions inconfortables sans craindre d’être rejeté pour cela. L’enfant a ainsi perçu sa capacité à être pleinement lui-même, même avec ses imperfections, sans rompre la sécurité du lien.
Ces interactions sociales font aussi façonner le système nerveux de l’enfant.
La théorie polyvagale explique que quand on est enfant, la branche vagale ventrale, la branche qui nous fait sentir en sécurité avec les autres, n’est pas pleinement développée. Elle se développe principalement par la connexion avec nos figures d’attachement (sur la base de nos perceptions par les 5 sens notamment via les expressions faciales, ton de la voix, comportements des adultes) avec les personnes qui se sont majoritairement occupées de nous. Et c’est ce qu’on appelle son « primal wire ».
Ton enfant va en gros hériter de l’état du système nerveux autonome par défaut de la principale figure d’attachement :
- Il y a un aspect transgénérationnel. Tu hérites de leur état du système autonome par défaut des parents. Donc ton enfant hérite de ton système nerveux, que tu as hérité de celui de tes parents etc.
- Il y a un aspect d’expérience. Les expériences relationnelles que tu vas vivre avec ton parent vont aussi contribuer à réguler ou déréguler ton système nerveux autonome selon si ton parent avait la capacité à t’aider à te réguler (co-régulation) ou pas.
En termes statistiques, il y a environ 50% des personnes qui ont un attachement sécure et le reste à un attachement insécure.
Si tu veux en savoir plus sur les 4 modèles d’attachement tu as l’épisode 89.
Je voudrai ôter le sentiment de culpabilité aux parents avec ces 3 infos:
- Une grande partie de l’attachement se fait dans les 3 premières années de vie. Avec les congés parentaux actuels, si on travaille on a besoin de mettre son enfant en crèche à la maternelle et cela a souvent un impact sur l’attachement. C’est un fait qui n’est pas facile à contrecarrer, cela demande pour la personne qui reste avec l’enfant de mettre sa carrière entre parenthèses. Bien sûr, on peut faire le choix de ne pas le faire mais ce n’est pas toujours possible.
- Je ne sais plus où est ce que j’avais lu ce chiffre donc ne me demandez pas la source mais j’avais lu qu’en gros, si 30 à 40% des interactions qu’on a ressenties avec nos parents étaient relativement sécures on développerait un attachement plutôt sécurisé. Ça veut donc dire que les parents ne doivent pas être parfaits et ont le droit de faire des erreurs, l’essentiel étant de réparer quand il y a eu une rupture dans l’attachement. Ici c’est la répétition des mécanismes qui vont faire qu’un trauma dévelopemental se crée c’est rarement un événement unique.
Ce qui impacte notre perception de l’attachement, c’est comment l’enfant l’a perçu. Il y a donc aussi pleins de cas de figure où les parents étaient là, où les parents se sont bien occupés des enfants, où ils ont cherché à faire au mieux en fonction de leurs capacités, mais que la perception de l’enfant a été autre.
Ce qui détériore le lien d’attachement
- Hospitalisation de longue durée sans contact.
- Placement ou adoption sans maintien du lien.
- Décès ou abandon d’un parent.
- Parents indifférents aux pleurs, besoins ou émotions de l’enfant.
- Manque de disponibilité affective : l’enfant n’est pas consolé, entendu, reconnu.
- Violences physiques, psychologiques ou sexuelles.
- Atmosphère familiale menaçante ou imprévisible.
- L’enfant perçoit la figure d’attachement comme source de danger plutôt que de sécurité.
- Parent tantôt très présent, tantôt absent ou hostile.
- Inversions de rôles (l’enfant doit “s’occuper” du parent).
- Environnement familial instable (changements de foyer, déménagements fréquents, séparation répétée des parents
- Le parent refuse de reconnaître l’enfant ou exprime un désintérêt manifeste.
- Sentiment chez l’enfant qu’il n’est “pas voulu” ou “pas aimable”.
- Règles changeantes, discipline excessive ou au contraire absence totale de cadre.
- Manque de constance qui empêche l’enfant d’anticiper et de se sentir en sécurité.
Comment réparer le lien d’attachement ?
- Mettre des mots simples (selon l’âge de l’enfant) : “Je sais que je n’ai pas été là pour toi”, “Tu as pu te sentir seul(e)”.
- Assumer sa part sans accabler l’enfant.
- Être fiable : tenir ses promesses, respecter les rendez-vous, montrer de la constance.
- Créer des rituels de présence (ex. un moment quotidien ensemble, une routine avant de dormir).
- Être attentif aux émotions de l’enfant, même si elles sont difficiles (colère, tristesse, rejet).
- Laisser l’enfant exprimer sa douleur ou sa colère sans chercher à l’éteindre.
- Moments de jeu, câlins (si l’enfant les accepte), activités partagées.
- Valoriser l’enfant : souligner ses qualités, lui montrer qu’il compte.
- L’enfant peut tester la solidité du parent (rejet, provocation, silence).
- Ces réactions sont des manières de vérifier : “Es-tu vraiment là pour moi cette fois ?”.
- La patience et la cohérence sont essentielles.
- Comprendre ses propres blessures et les adresser
- Apprendre à mieux réguler ses émotions pour ne pas reproduire les ruptures.
Les autres choses qui peuvent déréguler son système nerveux
Il n’y a pas que la relation avec votre enfant qui peut déréguler son système nerveux:
- Le plus grand impact que je vois est souvent la période de la conception, in-utéro et la naissance. Si l’enfant n’arrive pas au bon moment, que la maman est stressée, que le couple vit des tensions, toutes les complications qui peuvent arriver à la naissance (naissances de plus en plus médicalisées, forceps, déclenchement, accouchement rapide, césarienne d’urgence). Je parle de l’impact de la naissance dans l’épisode 37.
- La relation avec le corps enseignant et ses expériences à l’école : harcèlement, mobbing, apprentissage…
- Les relations dans sa fratrie.
- Les expériences avec les groupes : bizutage, dynamique de groupe toxique, exclusion, moquerie… Je n’ai pas inscrit mon fils au scout juste à cause de cela.
- Le non-respect des limites du corps : forcer l’enfant à finir son assiette, le forcer à faire la bise, le forcer à se mettre nu à la plage pour se changer.
- Des réflexes archaïques non intégrés qui freinent le développement de l’enfant (cognitif, moteur) et sa capacité d’apprentissage.
- Des expériences chocs : accident, scène de violence…. Cela inclut aussi ce que l’enfant voit sur un écran.
- Les viols et les attouchements : encore trop nombreux et cela concerne autant les filles que les garçons (souvent ciblé plus jeunes). Plus d’infos à ce sujet dans l’épisode 101.
- L’expérience avec les deuils : départ d’une personne proche, mort d’un animal, les expériences de mort imminente que l’on sous-estime souvent chez les enfants dans l’eau (le nombre d’adultes qui me racontent qui ont failli se noyer, ils se sont vu partis et les parents n’ont rien vu) Je parle de cet impact dans l’épisode 38.
- Les interventions médicales : opérations, prises de sang, appareils dentaires peuvent faire très peur. Je donne les conseils de Peter Levine à ce sujet dans la partie conseil qui m’a beaucoup aidé quand mon fils s’est fait opérer.
- Les conditions de vie : les écrans, les ondes, les bruits, les occupations qui surstimulent (tu sais ces indoors surpeuplés bain à bulles,une salle de trampoline où il y a de la musique boum boum, des cris) , moins de temps en nature, plus de sédentarité des enfants et aussi des parents victimes de stress chronique car ils jonglent entre la vie pro et perso.
Si tu veux explorer tout ce qui peut créer des traumas tu as le livre S’ouvrir à l’amour.
Pour avoir accompagné pas mal d’adultes et plus récemment des enfants, il y a beaucoup d’événements dont tu ne réalises pas qu’ils étaient traumatisants pour ton enfant. Depuis que je pratique en tant que thérapeute, j’ai personnellement une définition beaucoup plus large de ce qui peut traumatiser quelqu’un.
Mes 4 conseils clefs
Ces conseils ont pour but de t’aider à comprendre ce que ton enfant a besoin pour éviter de déréguler son système nerveux.
Je ne viens pas ici en « sachante » ou « experte » car même avec cette connaissance du système nerveux c’est aussi difficile pour moi en tant que maman de suivre ces conseils tout le temps simplement soit parce que je traverse une phase de vie difficile, soit à cause de la charge mentale et du stress quand je jongle entre mes différents rôles ou bien simplement parce que l’expérience de la parentalité me fait réveiller des blessures de mon passé.
Bref j’ai fait le résumé que j’aurai aimé avoir reçu à la naissance de mon fils.
En tant que parents tu fais au mieux de tes capacités parmi les injonctions irréalistes de notre société actuelle. (le fameux « Il faut réussir dans son travail mais aussi cuisiner maison et être là à 16 heures pour le spectacle du petit, tout en ayant le temps de rester en forme et prendre soin de son couple » tu connais?!)
Ces conseils ne sont pas là pour augmenter la liste de tes attentes envers toi-même en tant que parent mais plus de t’aider à savoir comment tu peux aider ton enfant à se réguler (certains conseils vont peut-être te surprendre d’ailleurs).
- Conseil n°1 Ton enfant hérite de ton système nerveux
Tu connais l’expression « parent heureux, bébé heureux » ?
Et bien cela a une vraie explication physiologique.
À sa naissance, l’enfant n’a pas encore la branche ventrale de son système nerveux autonome développée, elle va se développer grâce à la co-régulation offerte ou pas par ses figures d’attachement (principalement la maman à cause de l’allaitement et du temps passé in-utéro mais pas que).
Si tu as accumulé des expériences passées qui ont dérégulé ton système nerveux (et cela inclut une grossesse/ accouchement difficile/stressant, une dépression post-partum ou un burnout parental), cela sera plus difficile pour toi d’apporter une bonne co-régulation à ton enfant (difficile d’apporter à quelqu’un ce que tu n’as pas expérimenté toi-même).
Donc le premier cadeau que tu peux faire à ton enfant c’est de travailler sur tes blessures du passé par le corps pour avoir un système nerveux le plus régulé possible.
Le deuxième cadeau c’est d’apprendre à te réguler quand un stress survient. Si tu es soumis(e) à du stress (physiologique ou psychologique), ta capacité à accueillir le stress de ton enfant n’est pas toujours identique et le pire c’est que l’enfant va « s’imprégner » de ton état nerveux et justement piquer des crises au moment où tu as le moins de capacité.
La solution?
Faire de la prévention en veillant à un bon équilibre personnel pour gérer ton stress et avoir des outils pour te réguler. Ici c’est un peu le principe des masques à oxygène dans les avions où les parents doivent mettre le masque avant pour aider ensuite leurs enfants.
- Conseil n°2 Accueille ses émotions débordantes
La plus belle preuve d’amour que peut faire un enfant c’est quand il s’autorise à avoir des émotions débordantes avec toi (oui je sais sur le moment tu as juste envie que cela cesse!), car cela veut dire qu’il se sent en sécurité de le faire.
Plus l’enfant voit que tu restes calme et ancrée vis à vis de ses émotions débordantes (physiologiquement au niveau de ton système nerveux pas juste en apparence) plus il va arriver à les accueillir lui-même.
Myriam Bost de Ludvivo, thérapeute pour enfants neuroatypiques, dit que dans ce cas-là tu fais le pompier c’est à dire que tu assures que l’enfant ne se mette pas en danger (par exemple en tapant sur tous ou en se blessant), tu l’aides juste à expérimenter sa vague émotionnelle et à se réguler. ».
- Conseil n°3 Si tu vois un changement dans le comportement de ton enfant note le et agis
Les traumas pour les enfants ne sont pas forcément des « événements graves » pour les yeux d’un adulte mais simplement des événements où l’enfant a vécu un stress-émotionnel qu’il n’a pas pu régulé par lui-même (action) ou par l’aide d’un adulte (co-régulation).
Tu es aux côtés de ton enfant chaque jour et ton ressenti te permet plus facilement de repérer ce qui a pu le choquer :
- Si tu as vécu un accouchement ou une grossesse difficile ou que tu as l’impression que depuis la naissance ton enfant a des grosses peurs, qu’il crie beaucoup, qu’il a du mal à s’endormir seul, qu’il est souvent collé à un des parents et que tu voies que ce n’était pas dans la « moyenne » c’est un indice qu’il a enregistré un trauma.
- Si il a eu une intervention médicale (dentiste, prise de sang, petite opération, vaccin, végétation) ou qu’il a eu un accident (chute…) et que depuis il a plus de surréactions soit que tu peux expliquer directement à cause de l’événement ( par exemple il est tombé à vélo il a peur de remonter à vélo) ou juste si tu ressens qu’il est « différent » ou « plus pénible » depuis cet événement c’est un indice qu’il a un trauma.
- Si tu ressens qu’au niveau relationnel il répète les mêmes comportements (colère, taper ou au contraire il se laisse faire) et/ou qu’il a un comportement débordant/inquiétant c’est un indice qu’il a enregistré un mécanisme de protection suite à un événement traumatisant
C’est là où cela vaut la peine d’aider ton enfant avec des thérapies adaptées:
- L’ostéopathie et la thérapie cranio-sacrée pour tout ce qui touche à la période in-utéro ou naissance
- L’intégration des réflexes archaïques, le brain gym si ton enfant a des troubles du développement de la motricité, de l’apprentissage et une hypersensibilité sensorielle.
- Pour les comportements inquiétants ou débordants, la kinésiologie, mon approche psycho-corporelle pour les enfants, le somatic experiencing peuvent aider.
- Pour les traumas développementaux, tu peux faire beaucoup et aussi une relation thérapeutique sécure par le jeu ou autre peut aider.
- Conseil N°4 Comprendre l’utilité de son comportement débordant/inquiétant
Un comportement débordant est un mécanisme quand l’enfant n’a pas trouvé un autre moyen que ce comportement pour combler son besoin.
Par exemple, je n’arrive pas à avoir l’attention de maman quand je suis sage donc je vais faire une bêtise pour avoir son attention.
Un comportement débordant/inquiétant peut-être aussi une réaction à une expérience traumatique pour l’enfant qu’il n’a pas pu réguler.
Par exemple je suis tombé du vélo je n’ai pas pu pleurer et courir vers maman (activation sympathique) , je suis resté figé par terre peut se transformer quelques temps plus tard en comportement débordant par ex. je tape ou m’énerve plus facilement ( activation sympathique qui essaie de « sortir » autrement) ou inquiétant par ex j’ose pas essayer de nouvelles choses par peur de me faire mal (activation dorsal vagal)
Quand il y a eu suffisamment de répétitions pour que cela devienne un automatisme par défaut soit qui dérange ( crises de colère, taper son petit frère/petite soeur, insulter les parents…) ou qui inquiète ( forte timidité, dans sa bulle, difficulté à parler, difficultés d’apprentissages, isolé des autres).
Tu peux te poser ces questions dans le cas d’un comportement débordant/inquiétant : est-ce qu’il s’est passé quelquechose récemment qui explique le changement de comportement de l’enfant, sinon quelle est l’utilité du comportement débordant/inquiétant de mon enfant? comment puis-je y répondre sans qu’il ait besoin de faire ce comportement débordant/inquiétant?
Si tu veux plus de conseils sur la parentalité, tu peux télécharger ce guide où je vous donne 5 conseils supplémentaires:
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Table des matières
